Le Télégramme · 19 avril 1996

Avec Éric Vigner, Lorient s'est trouvé un nouvel ambassadeur
Presse régionale
Avant-papier
Jean-Jacques Baudet
19 Avr 1996
Le Télégramme
Langue: Français
Tous droits réservés

Le Télégramme

19 avril 1996 · J.J. BAUDET

Après les " Molière " VIGNER va ressusciter Brancusi

Nous l'évoquions brièvement dès hier, le centre dramatique de Bretagne, que dirige ÉRIC VIGNER, a vu sa pièce L'Illusion Comique, créée à Lorient en janvier, nominée pour les " Molière ", dont la remise des prix sera diffusée sur France 2 le 6 mai à 20h . Une belle publicité pour le Théâtre de Lorient, dont le responsable prépare maintenant une création centrée sur le sculpteur Brancusi.

L'Illusion comique est donc à l'honneur, et c'est amplement méritée. Les 2.000 Lorientais qui l'ont découverte au mois de janvier ont apprécié le génie de Corneille et le talent d'ÉRIC VIGNER pour le dépoussiérer. Une oeuvre étonnante, une sorte " d'arnaque " qui abuse à la fois les personnages et le public, jusqu'à la dernière minute, pour notre plus grand plaisir. Magique...

Pour avoir une chance d'être nominée aux " Molière ", dans la catégorie " meilleurs spectacles de la décentralisation ", une création doit faire l'objet d'au moins 30 représentations : la pièce du centre dramatique en connaîtra 85 d'ici l'été (dont les huit représentations lorientaises), et elle aura été jouée dans toute la France (15.000 spectateurs rien qu'en Bretagne).

Ce sont les professionnels du spectacle, à travers tout le pays, qui votent pour les " Molière ". Belle reconnaissance, donc, dont toute la région lorientaise devrait tirer profit... Le Théâtre de la ville devient un élément moteur, et à l'heure où le district s'interroge sur l'éventuelle création d'un grand festival d'été, une telle distinction peut vaincre bien des réticences.

Au festival d'Avignon

Pendant ce temps, ÉRIC VIGNER poursuit son travail de créateur. Il prépare un nouveau spectacle qui sera présenté du 16 au 22 juillet au festival d'Avignon, dans la salle du Conclave.
Cette oeuvre, qui pourrait s'appeler Brancusi contre Etats- Unis, est inspirée par les minutes d'un procès qui s'est déroulé outre-Atlantique en 1928. Elles avaient été traduites il y a un an lors d'une exposition Brancusi au centre Beaubourg.

À la fin des années 30, le sculpteur roumain voulait montrer ses oeuvres à New-York. Il a envoyé là-bas une quinzaine de sculptures, mais les douanes américaines les ont taxées comme de vulgaires marchandises, considérant qu'il ne s'agissait pas d'oeuvres d'art. À l'époque, seules les oeuvres figuratives méritaient ce titre.

Beau sujet de méditation qui peut faire les délices d'un metteur en scène : " Où sont les frontières de l'art ? Où est le beau ? Où est le laid ? "

Après sa présentation à Avignon, la nouvelle pièce d'ÉRIC VIGNER fera l'ouverture de la prochaine saison en octobre au Théâtre de Lorient. Alors, vivement l'automne I